Une spécialiste des crimes d'honneur a témoigné lundi au procès Shafia, au palais de justice de KingstonUne spécialiste des crimes d'honneur a témoigné lundi au procès Shafia, au palais de justice de Kingston. Shahrzad Mojab, professeure à l'Université de Toronto et auteure du livre Violence au nom de l'honneur, a expliqué à la cour que l'honneur vaut plus que la vie dans certaines cultures.
Elle a raconté que dans ces cultures, comme au Moyen-Orient, la notion d'honneur familiale est liée à la sexualité des femmes et à la capacité de la contrôler. Shahrzad Mojab Shahrzad Mojab, spécialiste des crimes d'honneurMme Mojab a ajouté que si l'honneur de la famille est menacé, il est vu comme acceptable, voire prévisible, qu'un membre de la famille de sexe masculin tue une parente. Par exemple, elle a expliqué que si une fille ne respectait pas l'autorité de son père en s'habillant trop légèrement ou en fréquentant quelqu'un sans son accord, cela pouvait constituer un motif suffisant pour la tuer.
« La façon dont les jeunes femmes se comportent avec leur corps représente leur degré de liberté dans la société. Et si ce n'est pas dans les limites du contrôle du père, ça signifie que l'honneur de la famille est violé », a ajouté Mme Mojab, après son témoignage.
Le témoignage de Shahrzad Mojab constituait la fin de la présentation de la preuve de la Couronne. Le procès reprendra jeudi matin avec les premiers témoins de la défense.
La Couronne prétend que Rona Amir, 50 ans, et trois filles de Mohamed Shafia, Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, et Geeti, 13 ans, ont été tuées pour laver l'honneur de la famille en raison de leur occidentalisation accélérée.
Les quatre femmes ont été retrouvées mortes le 30 juin 2009 dans la Nissan Sentra de la famille, dans les eaux du canal Rideau, à Kingston.
Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia font face à quatre accusations de meurtre prémédité dans cette affaire. Mme Yahya est la mère biologique des trois adolescentes tuées avec Mme Amir, qui est la première femme de son mari.
Au cours des six premières semaines du procès, la Couronne a présenté une preuve circonstancielle. Elle n'a pas été en mesure de déterminer avec certitude qui a tué les quatre femmes. Tooba Yahya et Hamed ont notamment admis qu'ils étaient présents sur les lieux du drame.
La Couronne compte sur le témoignage de Mme Mojab pour établir le mobile du présumé crime.
Depuis le début du procès, les jurés ont entendu plusieurs témoins raconter la vie difficile que menaient Rona Amir et les trois adolescentes au foyer familial. Ils ont raconté que les quatre femmes étaient étroitement surveillées, et que Mohamad Shafia était furieux que ses filles fréquentent des garçons qui lui déplaisaient.








